La prière & la souffrance

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Tiré du blog www.avnerozar.blogspace.fr


La Tfila (prière) - La souffrance :

Dans la Parachat Béréchit, on lit que Hashem, lorsqu'il a créé le gazon, l'a créé trop ras, trop court.
Les mefarshim (commentateurs)se demandent pourquoi. La réponse qu'ils donnent, plus qu'étonnante, est extraordinnaire. En réalité, Hashem a "fait exprès" de créer ainsi l'herbe car Il voulait susciter la tfila (prière) de l'homme.

Ainsi, on remarque que, contrairement à ce que l'on pense en général, la configuration de la vie n'est pas la suivante: on souffre et on prit pour que Hashem nous aide. Hashem créé la situation de manque POUR que nous priions!

Par exemple, les femmes des Avot (patriarches) étaient stériles.
Pourquoi? Rashi nous dit: Hakadosh Barouh Hou mitavé litfilotam chel tsadikim, Hashem désire les tfilot des tsadikim.

Dans le même ordre d'idée, on sait que le serpent a été puni par Hashem, et, parmi les malédictions, le serpent est condamné à manger de la poussière. Mais en quoi est-ce une malédiction?
La poussière se trouve partout en abondance. Hazal répondent qu'en fait, justement: là est la malédiction. Le serpent aura toujours de quoi manger; en conséquence, il n'aura jamais à prier à Hashem, et cela est justement le plus terrible: Hashem a COUPE les ponts avec lui.
Lorsque le réfrigérateur est toujours plein, on se sent fort, on ne sent pas le besoin de se rapprocher d'Hashem. Alors, Il nous envoie des souffrances pour nous rapprocher de lui.

Ainsi, le Rav Chakh écrit une fois à un proche "je te souhaite d'échapper à toutes les difficultés de la vie. Mais sache que dans le ciel, tes meilleurs avocats, ceux seront tes souffrances."

Le Rav Levinstein shlita relate une histoire pour nous faire comprendre cette notion.
Une fois,lors de son enfance, le fils du Steipler zatsal(un grand tsadik), dénommé Haim,en jouant, brisa la vitre de son oncle maternel, le Hazon Ish zatsal(sommité rabbinique du début du 19ème siècle). Le Rav fit un reproche à l'enfant, suivi d'une petite tape en guise de punition. Plus tard, le petit Haim devint un grand tsadik (encore vivant aujourd'hui, jusqu'à 120 ans): le Rav Haim Kaniewski. Une fois, alors qu'il priait avec le Steipler, son père, un enfant turbulent dérangea grandement le cours de la prière. Pour le punir, le Steipler donna une petit tape à l'enfant. Voyant que le père exprimait un certain désappointement, le Rav Haim le consola: "ne t'inquiète pas; moi aussi, en mon temps, je reçu un coup d'un tsadik (le Hazon Ish) et grâce à cela(entre autre), me voici aujourd'hui érudit! "Et effectivement, l'enfant devint un brillant Talmid haham. Voilà ce qui est arrivé à celui qui a reçu un petit coup du Hazon Ish.

Qu'en est-il alors de celui (= nous tous!) qui reçoit des coups d'Hashem Lui-même?...
L'huile utilisée pour allumer la Ménorah au temple était de l'huile d'olive, mais pas n'importe laquelle.
Cela devait être la première goutte issue de la pression de l'olive (catit lamaor). L'huile la plus pur est issu de la pression.

Ainsi, les plus belles mitsvot sont celles accomplies dans la difficulté. On se rappelle des histoires extraordinaires sur la messirout nefesh, le sacrifice de soi réalisée par les Juifs dans les camps de concentration pour garder les mitsvot. Les yssourin, souffrances, doivent nous aider à nous rapprocher d'Hashem. Il faut savoir les comprendre et les prendre comme chance et non comme malheur entraînant, hallila, une rébellion.

Lorsque le Hafets Haim zatsal perdit son fils, le tsadik dit, en guise d'oraison funèbre, le cœur entier, l'âme endeuillée, une phrase digne des plus hauts personnages de notre histoire:
"Hashem, jusqu'à maintenant, mon cœur était pour Toi et mon fils. Maintenant, ce cœur est à Toi à 100 pour cent"... à méditer.

Texte et commentaires : A.A