EH BIEN, IL N'Y A PAS QUE CHEZ NOUS QUE CA CHAUFFE,.....A LA SEULE DIFFERENCE, C'EST QU'ICI, A LA PLACE DES POLICIERS (DONT JE NE RETIRE RIEN, MAIS DONT C'EST LEUR METIER) C'EST VOTRE PERE, VOTRE FRERE, VOTRE COUSIN, VOTRE FIANCE, VOTRE VOISIN ..... ET PUIS UN JOUR, .....UNE EXPLOSION,.... ON APPELLE, PERSONNE NE DECROCHE, ENCORE UNE FOIS, ET PUIS UNE AUTRE FOIS,......PERSONNE NE DECROCHE PLUS.
Capitaine de police en charge d'une unité de maintien de l'ordre, je souhaitais vous livrer quelques impressions quant aux "événements" qui se déroulent à l'heure où j'écris ces lignes, en région parisienne.
Evidemment, les Français savaient plus ou moins que ça allait finir par "péter", si vous me permettez cette expression. Les "jeunes", comme les nomment vos confrères de l'hexagone, n'attendaient qu'un prétexte pour manifester leur mécontentement. Mais leur mécontentement en quoi ? On trouvera bien quelques sociologues pour répondre à cette question, il n'empêche aujourd'hui que nous nous trouvons face à une insurrection caractérisée.
Cette nuit, les combats (car il faut bien maintenant employer ce terme) ont été particulièrement violents. Les individus n'ont pas hésité à tirer au fusil de chasse avec du calibre pour gros gibier (brenecke). Officiellement, le ministère de l'intérieur annonce 60 blessés du côté des forces de l'ordre dont 5 graves (traduisez graves par blessés par balle généralement, mais il ne faut pas non plus affoler le bon Français). En fait, il faut en compter bien 20 de plus, car ce qu'il faut également savoir c'est que les policiers ne vont plus se faire soigner dans les hôpitaux car les individus les poursuivent jusqu'au service des urgences, dans l'intention de les "finir" !
Alors, je pense à mes frères de Tsahal ou encore à ceux de la michmar hagvoul ou d'autres unités encore. Comment feraient-ils, comment organiserions-nous notre défense ? Car malheureusement, nous en sommes là. Cette nuit les unités de police ont été complètement désorganisées, les interventions se sont faites sans stratégie réelle, c'est un peu parti dans tous les sens.
Tout le monde savait, mais personne n'y croyait. Voilà aujourd'hui le résultat. Selon certains de mes collègues, les émeutes de 2005 n'avaient rien à voir. Aujourd'hui, les individus sont organisés, structurés, les attaques sont planifiées. Le harcèlement des forces de l'ordre est réfléchi. 2005 n'était qu'une répétition.
Les appels au calme se multiplient. Les événements de cette nuit dureront encore quelques jours, puis, très certainement, la tension baissera et un retour au calme pourra peut être se faire. Mais une chose est sûre. Plus rien ne sera comme avant. D'autres incidents auront lieu. Les policiers iront encore moins dans les cités dites "sensibles" (traduire par interdites aux forces de l'ordre). Des enclaves apparaissent petit à petit.
Puisque chacun y va de sa petite idée pour donner sa solution, moi je propose un truc : c'est de rebaptiser, par exemple, la cité des tarterets en "bande de Gaza", la cité des 4000 en Cisjordanie occupée, de donner une appellation généralisée de "territoires occupés" en lieu et place de "cités sensibles". Après tout, autant appeler un chat, un chat. Comme ça, nous n'aurons plus qu'à faire des copier-coller des accords d'Oslo pour les appliquer dans les municipalités banlieusardes.
Désolé, je suis peut être pessimiste mais c'est ce que nous vivons au quotidien. Et personnellement, je pense de plus en plus traduire par "attendre que l'heure de la retraite sonne" (comme le chantait Jean Ferrat), par "réfléchir rapidement à mon alya".
Bien cordialement.
Ariel.
QUE CHACUN SE SOUVIENNE DE CETTE HISTOIRE !
|
|